Handball – amical : le Havrais Frédéric Bougeant pleinement investi avec la sélection du Sénégal

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Voir Frédéric Bougeant au Havre est toujours un petit événement. À la tête de la sélection féminine du Sénégal depuis 2016, l’ancien entraîneur du HAC (1999-2012) a accueilli ses Lionnes hier dans un hôtel proche de la gare. Champion de France avec Fleury en 2015, l’ex-entraîneur de Rostov (Russie) et de Nantes s’est prêté à un entretien à la veille de la première des deux oppositions de gala face aux Ciel et Marine.

Vous vous inscrivez dans la durée avec la sélection du Sénégal. Est-ce que ce rôle vous correspond ?

Frédéric Bougeant   « Oui. À ce moment de ma carrière (44 ans), j’ai trouvé en tant que sélectionneur un équilibre, dans un projet global avec le Sénégal. Quand tu es jeune entraîneur, tu as de l’égo, un certain caractère, un peu de vanité, cela s’arrondit au fur et à mesure que tu avances. J’avais envie d’une mission avec des gens qui ont réellement envie d’apprendre. C’est de plus en plus dur de trouver un projet où tu as les mains libres, ce que j’ai pu avoir en Russie avec Rostov, je retrouve cela aujourd’hui avec le Sénégal où j’ai une liberté d’action totale. On vit des premières aventures avec la sélection, avec deux finales de CAN de suite, une première qualification pour les championnats du monde (qui se dérouleront au Japon du 30 novembre au 15 décembre), c’est hyper rafraichissant. Et puis c’est un projet noble. »

Ce sont pour ces résultats et des missions variées que vous avez prolongé l’aventure (il s’est engagé jusqu’en 2022) ?

« On va avoir la formation d’entraîneurs sénégalais et même africains, la création du centre national d’entraînement où j’interviens sur des missions de consultant, un TQO, l’organisation des jeux Olympiques de la Jeunesse et la CAN en 2022 au Sénégal. Ou encore le Mondial 2021 en Catalogne, où j’espère qu’on y sera. Ce n’est pas que sélectionneur, et je ne suis pas du tout déconnecté du contexte international, je reste bien en activité. J’ai trouvé une bonne place au bon moment. J’avais envie de ça, et d’être tranquille, sans qu’on m’impose quoi que ce soit. Je n’ai pas du tout regardé les propositions de niveau intermédiaire. On a pris la fibre sénégalaise, dans un pays où il fait bon vivre. Les Sénégalais sont des gens très tolérants et accueillants. »

Vous venez aussi de proposer vos services en tant que consultant ?

« Le président de la fédération sénégalaise m’offre contractuellement cette possibilité. Des clubs n’ont peut-être pas les moyens d’avoir un directeur sportif ou un manager général, le fait d’être en sélection ne m’empêche pas d’aider, d’être utile, de permettre à des clubs d’avoir une vision de la haute performance, dans la structuration ou le marketing. Je ne propose rien, à voir si des gens ont envie de s’ouvrir. »

Quel est le niveau de votre sélection, et peut-elle créer la surprise au Mondial ?

« Non, pas encore. On devra accepter d’être dominé pour apprendre. Il faut qu’on s’installe durablement, le Mondial va nous permettre de jouer des équipes avec des cultures et des façons de jouer différentes. On va grandir tactiquement, et le cycle en cours jusqu’en 2022 doit nous permettre d’être dominants sur le continent africain. »

Quels sont les objectifs de ces prochaines semaines, et de ce stage dans la région havraise ?

« Depuis mars, on effectue une belle revue d’effectif, avec quelques jeunes du pays aux profils intéressants. L’équipe a encore une grande marge d’évolution, et vit bien ensemble, même si le rythme en sélection peut être violent. Là, on est dans une semaine un peu délicate puisqu’en période de ramadan, c’est un stage particulier. L’an dernier, on s’était planté dans un tournoi de très haut niveau en Corée du Sud. Ici, les conditions logistiques sont optimales, Oumou-Niang-Fouquet (co-présidente du HAC) joue le jeu, le club de Gonfreville aussi avec sa capacité organisationnelle et qui va accueillir une des 24 meilleures sélections du monde. Pour tout vous dire, je n’ai pas vu un match du HAC cette saison. On veut vivre avant tout une belle semaine de travail, en se rapprochant du niveau d’exigence pour les prochaines échéances. »

Un staff de haute valeur

« Il y a un niveau d’expertise que je n’ai jamais eu. Peu de clubs de LFH peuvent dire qu’ils ont un entraîneur qui a connu des expériences internationales importantes, deux adjoints hyper compétents. Et même si nous n’avons pas de gros moyens financiers, il y a une dynamique. » Fred Bougeant est catégorique sur la valeur de son staff technique, où figure Souleymane Dia (entraîneur de Césaire/Levillain, N3) en tant que coordinateur sportif. Suite à l’arrivée en 2018 de Mathieu Vaillat, qui fut l’adjoint de Bougeant à Rostov, le rôle d’Ibou Diallo, présent depuis 2016, a évolué. Adjoint au même titre que Vaillat (en charge de la préparation physique et de l’analyse des adversaires), l’entraîneur de Gonfreville (N1) a la gestion des gardiennes, mais aussi supervise certaines Sénégalaises. « Sa vision, sa réaction, le fait qu’il entraîne tous les jours, cela m’intéresse », poursuit Bougeant. « C’est un job à temps plein, quand je suis absent à Gonfreville, ce n’est pas pour rien, rigole Ibou Diallo. Au-delà de ça, je vais prendre des nouvelles des joueuses, je communique avec les clubs, je remonte les infos à Fred, qui a été mon premier entraîneur. Dans ce staff, on est une bande de potes, et puis je suis Sénégalais, tout cela a été une évidence. On a une très bonne gardienne, Hatadou Sako (finaliste de LFH avec Nice) , qui est une bosseuse acharnée, et on fait tout pour combler le retard avec Assia Germain pour avoir deux gardiennes performantes. Moi, je m’éclate avec elles. »
LE HAVRE AC (D2F) – SÉNÉGAL, CE SOIR À 21 H,
SALLE AUGUSTE-DELAUNE À GONFREVILLE-L’ORCHER
SÉNÉGAL : 1. Hatadou Sako (OGC Nice, LFH), 2. Assia Germain (Noisy-le-Grand/Gagny, D2F), 3. Fama Sall (Renaissance, SEN), 4. Khady Seck (Diadji Sarr, SEN), 5. Ndeye Thiaba Ndiaye (Diisoo, SEN), 6. Adja Sanou Paye (Le Pouzin, D2F), 7. Dienaba Sy (OGC Nice, LFH), 8. Hadja Cissé (Saint-Amand, LFH), 9. Amina Sankaré (Fleury, LFH), 10. Penda Sylla (Strasbourg, N1F), 11. Fanta Keita (Fleury, LFH), 12. Awa Fall Diop (Achenheim, D2F), 13. Khoudiedji Ba (Alfortville, N1F),
14. Raissa Dapina (Fleury, LFH), 15. Hawa Ramatou Ndiaye (Chambray, LFH),
16. Laura Vanessa Kamdop (Fleury, LFH), 17. Haby Badiane (Strasbourg, N1F),
18. Mariame Ba (Alfortville, N1F), 19. Mame Diarra Ndiaye (DUC, SEN),
20. Niumading Fico (Les Mureaux, N3F), 21. Fanta Coulibaly (HAC B, N1F),
22. Sanou Dia (HAC B, N1F).

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